La dissonance cognitive atteint un niveau vertigineux au sein du gouvernement Mauritanien. Pendant que les
autorités annoncent l’ouverture d’un dialogue et multiplient les déclarations apaisantes, la réalité sur le terrain
raconte une tout autre histoire : une vague de répression brutale s’abat sur les militants de l’Initiative pour la
Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA). Et, fait particulièrement alarmant, les femmes en sont
désormais la cible principale.
Leur seul tort: demander justice pour la jeune Noura, 11 ans, victime d’esclavage. Une revendication qui
s’inscrit dans le combat universel pour la dignité humaine, mais qui, dans ce contexte, semble déclencher une
réaction disproportionnée de l’appareil sécuritaire.
La situation a franchi le seuil critique avec l’enlèvement de Mariem Mint Cheikh et de son nourrisson, Biram
Mohamed dit Petit Biram, âgé de seulement trois mois, ainsi que l’arrestation Ghamou Achour Salem, toutes
deux députées à l’Assemblée Nationale. Ces actes ne constituent pas seulement des atteintes graves aux droits
humains fondamentaux, mais également un affront direct à l’institution parlementaire. En s’en prenant à des
élues de la nation, c’est l’équilibre même des institutions qui est mis à mal.
Cette stratégie, consistant à cibler principalement les femmes Haratine — aujourd’hui au nombre de cinq en
détention — révèle une volonté manifeste d’intimidation. Pourtant, loin de briser leur engagement, elle risque au
contraire de renforcer leur détermination. L’histoire des luttes pour les droits civiques et la justice sociale
démontre que les femmes, souvent en première ligne, ont su transformer la répression en force morale et
politique.
À l’image de Harriet Tubman, Rosa Parks, Fannie Lou Hamer, Angela Davis, Winnie Mandela, et tant d’autres,
ces femmes puisent dans leur conviction de leur résilience face à l’injustice. Leur combat dépasse leur
personne : il s’inscrit dans la défense de la DIGNITÉ HUMAINE pour tous.
Enfin, l’enlèvement de Mariem avec son nourrisson donne à cette répression une dimension particulièrement
troublante. En effet, cet acte fait tragiquement de Biram Mohamed le plus jeune prisonnier politique de l’histoire
du pays — un symbole saisissant de l’ampleur et de la gravité de la situation.
Dans ces conditions, une question fondamentale s’impose : comment concilier un discours officiel de dialogue
avec des pratiques qui relèvent d’une répression systématique ? Tant que cet écart persistera, la crédibilité des
engagements politiques restera profondément entamée.
Face á cette situation d’une gravité extrême, nous demandons la libération immédiate et sans conditions de tous
les militants arbitrairement arrêtés, et abusivement détenus. Il s’agit de :
Mariem Mint Cheikh, Députée
Ghamou Achour Salem, Députée
Warda Ahmed Souleymane, Journaliste
Lalla Vatma, Lanceuse d’Alerte
Rachida Saleck, Lanceuse d’Alerte
Abdallahi Abou Diop, Chargé des Droits de l’Homme
Elhadj Elid, Coordinateur General d’IRA
Mohamed Vadel
Aleyat Bounas Hmaida
En solidarité avec Biram Mohamed devenu désormais le symbole de la résistance contre la répression en
Mauritanie.
Bakary Tandia, Human Rights Advocate
New York City, April 14, 2026

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