Note d’Information

Nouakchott, le premier juillet 2026, tribunal de Nouakchott-Ouest, comparution des députées anti-esclavagistes Ghamou Salem Achour et Mariem Cheikh Samba Dieng (avec son bébé de quelques mois).
Les deux députées et le bébé (petit Biram), croupissent en prison avec trois autres femmes (Warda Ahmed Souleymane, journaliste, Rachida Saleck et Lalla Vatma (lanceuses d’alerte), quatre défenseurs abolitionnistes (Abdallahi Abou Diop, Elhaj Elid, Bounnass Hmeida et Mohamed Vadel Eleyat.
Tous et toutes sont membres de l’ethnie autochtone, les Haratines, majoritaires en Mauritanie, mais exclus et défavorisés car réduits en esclavage par la classe féodale arabophone dominante depuis des siècles. Vingt pour cent de la population mauritanienne continue à subir l’esclavage ancestrale et raciale.
Leila Hmaida, militante haratine anti-esclavagiste et épouse de Biram Dah Abeid, leader du mouvement abolitionniste mauritanien IRA, arrive sur les lieux du rassemblement à 10h30mn.
Des orateurs, parmi les militants abolitionnistes, se relaient pour dénoncer la persistance de l’esclavage, la ségrégation d’Etat et l’acharnement du pouvoir répressif du général Ghazouani sur le courant droit-de-l’hommiste dirigé par son principal opposant. La police, venue en grand nombre, surveillait le dérouler de la cérémonie de près mais sans intervenir. Leila Hmaida a pris la parole devant la foule rassemblée.
13h sept minutes : arrivée de Biram Dah Abeid. Il prend immédiatement la parole juste après l’accueil. Dès sa prise de parole, la police commence à encercler le rassemblement abolitionniste et se positionne dans toutes les issues de rues. Dès la septième minute du discours du président Biram Dah Abeid, les unités de police lancent leur attaque, de tous les bords. Les grenades lacrymogènes et assourdissantes pleuvent sur les militants ; les policiers s’acharnent par coups de matraques sur le président Biram Dah Abeid et la militante Leila Hmaida, son épouse. Les héroïques jeunes, du comité de la paix, s’organisent en cordons protecteurs autour de Biram Dah Abeid et de Leila Hmaida.
Le couple de dirigeants est chirurgicalement ciblé par le dirigeant de l’expédition policière (l’officier Ibrahim Camara) et ses lieutenants les plus violents. Leila a bénéficié de moins de protection que Biram, elle a été projetée plusieurs fois à terre ; l’officier Camara la roua de coup de chaussures rangers à chaque occasion ; il la tient par la nuque et la balance vers le sol ; deux jeunes du comité de la paix s’interposent pour l’empêcher de cogner le goudron ferme. L’officier Camara lui porta plusieurs coups de matraque sur différentes parties du corps.
Poursuivant son agression, il sortit ensuite une bouteille contenant un liquide agressif et tenta d’en asperger le visage de Leila. Heureusement, cette dernière portait correctement ses lunettes, qui firent obstacle au liquide et contribuèrent à protéger ses yeux, lui évitant ainsi de perdre la vue ou de perdre connaissance. La tentative du bourreau Camara, avec le redoutable liquide israélien, qui a échoué avec Leila Hmaida, a par contre, réussi avec Biram Dah Abeid, le tortionnaire notoire, Ibrahima Camara, trouva l’occasion, dans la foulée de la lutte, à asperger le visage du principal opposant au général Ghazouani, du redoutable liquide.
Automatiquement après cet acte d’une extrême violence, le lauréat du prix des Nations Unies pour les Droits de l’Homme (2013), perd connaissance. Les militants du comité de la paix qui le transportent sur leurs bras continueront à subir les matraques des hommes du sinistre Camara ; et à chaque fois que les sauveurs du député abolitionniste, arrêtent une voiture pour y faire monter ce dernier en vue de l’amener à l’hôpital, l’officier Camara vient menacer le conducteur lui demandant de s’éloigner, empêchant le secours pour ses victimes.
Toutes les victimes de cette répression sauvage, ont été blessés en s’interposant pour protéger et défendre le président Biram Dah Abeid ou son épouse la militante Leila ; ce qui dénote du ciblage prémédité sur le couple par les autorités mauritaniennes.
À l’hôpital national, les deux blessés Biram Dah Abeid et Leila Hmaida, sont arrivés à 13h 35 mais les médecins se sont résignés à faire semblant de les examiner, seulement à 15h15mn. Le personnel médical mauritanien reste très largement socialisé dans la chaîne de torture et de blanchiment du crime que le Général Ghazouani a créé et renforcé depuis son arrivée au pouvoir en 2019. Rappelez-vous le cas de Souvi ould Cheine : le ministère de l’intérieur et celui de la justice, après la mort de Souvi, ont produit un communiqué qui dit que ce dernier est décédé tout naturellement ! Ils avaient exhibé un certificat de décès dûment signé par un médecin.
De nombreuses foules, massées dans les rues de Nouakchott, ont contesté l’assertion de mort naturelle. Le général Ghazouani a eu peur d’un potentiel soulèvement populaire qui été sur le point de se produire ; il a ordonné une autopsie et cette dernière a révélé l’assassinat atroce du défunt Souvi ould Cheine. Mais jusqu’à présent, le médecin faussaire n’a pas été inquiété. Ensuite, tous les cas d’assassinats politiques et racistes ont été blanchis par le recours aux médecins : Oumar Diop, tué ici à Nouakchott par une patrouille de police. Mohamed Lemine à Boghé tué par un brigadier de police.
Mais le cas le plus emblématique et douloureux, c’est celui des adolescents de Kaedi : dans la nuit du 2 mai 2024 ; entassés par dizaines dans un cachot conçu pour sept, pendant une période de chaleur caniculaire ; leur geôlier ferme à clé et quitte les lieux. Après un long moment de cris et gémissements dans la cellule, les gendarmes de garde partent à la recherche de leur collègue geôlier détenant la clé du cachot, et ils l’ont trouvé sirotant calmement le thé avec sa compagne.
Il vint avec eux ouvrir le cachot, mais hélas, sept adolescents sont déjà décédés. Les gendarmes, sous les ordres du pouvoir de Ghazouani, confient les morts aux médecins de l’hôpital de Kaedi. Et jusqu’à nos jours les médecins violant le sermon, n’ont jamais délivré un certificat de décès explicitant les causes de la mort des martyrs de Kaédi le 2 mai 2024.
Le président Biram Dah Abeid et madame Leila Hmaida, prennent acte de la tentative d’assassinat dont l’exécuteur apparent est l’officier de police Ibrahima Camara, et se réserve le droit de s’offrir le service d’avocats conseils pour porter plainte devant les juridictions compétentes.
La commission de communication
Nouakchott, le 2 juillet 2026
