Hier, dimanche 24 mai 2026, IRA (Initiative de Résurgence Abolitionniste) a appris, par les rares canaux d’information encore disponibles et crédibles en Mauritanie, l’arrestation de l’opposant et tiktokeur mauritanien Baba Ali Diallo, connu sous le pseudonyme de « Commissaire »; l’activiste anti-raciste a été arrêté dès son retour sur le territoire national. Selon les informations recueillies, il aurait été interpellé par la police politique, puis conduit vers les cachots de la direction de la sûreté d’Etat.

Ayant fui la Mauritanie pour se cacher au Sénégal, depuis qu’il a été activement recherché par la police mauritanienne pendant la crise poste-élection présidentielle 2024 à cause de son soutien à Biram Dah Abeid, Baba Ali Diallo était revenu en Mauritanie en toute discrétion, afin de passer la fête de la Tabaski auprès de sa maman à Nouakchott.

Cette arrestation s’inscrit dans un contexte de répression grandissante visant les influenceurs, blogueurs et créateurs de contenus mauritaniens, ainsi que les activistes anti-esclavagistes, les défenseurs de la lutte contre la corruption et contre l’oppression des personnes d’ascendance africaine, sans oublier la persécution des migrants. Toutes les personnes exprimant des opinions critiques à l’égard du pouvoir sont visées par des lois taillées sur mesure, reflet de la mégalomanie du général chef de l’État et du despotisme de son entourage.

Comme de nombreux autres tiktokeurs et activistes mauritaniens, Baba Ali Diallo avait choisi l’exil pour échapper à la censure, au harcèlement, aux intimidations systématiques, à l’emprisonnement, à la torture et aux violences indicibles exercées contre les voix dissidentes en Mauritanie.

Aujourd’hui, les arrestations arbitraires, les détentions abusives, la torture et les campagnes de harcèlement sont devenues des instruments récurrents de réduction au silence des jeunes voix influentes et très suivies par la jeunesse mauritanienne.

C’est dans ce climat que le tiktokeur connu sous le pseudonyme de « Procureur » a fuit vers le Sénégal, ainsi que les rappeurs Thomas Sankara et Thioussal Ba, le militant Ablaye Ba, chargé du dossier des migrants à IRA.

Ces départs forcés, ces intimidations et ces arrestations traduisent une dégradation préoccupante des libertés fondamentales et de la liberté d’expression en Mauritanie.

Nous interpellons l’opinion publique nationale et internationale, les organisations de défense des droits humains ainsi que les partenaires de la Mauritanie afin qu’ils exercent une pression ferme sur les autorités mauritaniennes pour mettre un terme à cette politique d’étouffement par la violence, le harcèlement et l’intimidation des voix critiques.

Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de Baba Ali Diallo, dit « Commissaire », et tenons les autorités mauritaniennes entièrement responsables de toute atteinte à son intégrité physique ou morale.

Nouakchott, 25/05/2026

La Commission Communication

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