Face à la confirmation de la condamnation de Mariem Cheikh Samba Dieng et Ghamou Achour Salem, défenseuses des droits humains et députées mauritaniennes, et aux conséquences qui en découlent sur leurs droits civils et politiques, l’Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA) appelle à une saisine coordonnée et concertée des mécanismes internationaux et régionaux de protection des droits humains et droits des parlementaires.

La déclaration de la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des défenseur·ses des droits humains, Mme Andrea Bolaños Vargas, constitue à cet égard un signal important. Elle confirme que cette affaire d’arrestation, torture, emprisonnement, diabolisation et radiation de l’hémicycle, ne sauraient être considérées comme une simple question interne mauritanienne, et qu’elle appelle un suivi international.

IRA demande une action coordonnée qui concrétise la position et l’injonction de madame la rapporteuse.

IRA appelle les organismes, organisations mauritaniennes et internationales de défense des droits humains, les organisations de la société civile, les parlementaires et les réseaux de défense des défenseur·ses des droits humains à documenter conjointement cette affaire et à saisir, de manière coordonnée, les mécanismes compétents.

Cette démarche devrait notamment concerner :

1. Les Nations unies

IRA appelle à une saisine et un suivi coordonné des mécanismes compétents des Nations unies, notamment les Rapporteurs spéciaux concernés, les Groupes de travail pertinents, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme et les organes conventionnels, afin d’examiner la situation de Mariem Dieng et Ghamou Salem et de garantir la protection de leurs droits.

Nous demandons que ces mécanismes soient invités à examiner les conséquences de la condamnation sur l’exercice des droits civils et politiques des intéressées et sur l’espace civique en Mauritanie.

2. Les mécanismes africains

L’IRA appelle à une saisine de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, notamment de ses mécanismes relatifs aux défenseur·ses des droits humains, à la liberté d’expression, aux droits des femmes et aux représailles contre les défenseur·ses.

Nous appelons également les institutions compétentes de l’Union africaine à assurer un suivi de cette affaire dans le cadre des engagements africains relatifs aux droits humains, à la démocratie et à l’État de droit.

3. La Francophonie

L’IRA appelle à saisir officiellement :

•         l’Organisation internationale de la Francophonie ;

•         son mécanisme de suivi des engagements démocratiques et des droits de l’Homme ;

•         l’Assemblée parlementaire de la Francophonie ;

•         ainsi que les réseaux parlementaires et institutionnels francophones compétents.

Nous demandons que la situation de Mariem Dieng et Ghamou Salem soit examinée à la lumière des engagements pris par la Mauritanie dans le cadre de la Francophonie en matière de démocratie, d’État de droit et de droits humains.

4. Les mécanismes parlementaires internationaux

IRA appelle également à une saisine de l’Union interparlementaire et de ses mécanismes compétents afin que la privation du mandat et des droits politiques de deux parlementaires soit examinée sous l’angle de la protection des droits des parlementaires et de l’exercice libre du mandat représentatif.

5. Un appel à la solidarité internationale

IRA appelle donc les organisations de défense des droits humains, les associations abolitionnistes, les organisations de femmes, les réseaux parlementaires, les institutions internationales et les défenseur·ses des droits humains à agir de manière concertée plutôt que dispersée.

Nous proposons que cette mobilisation aboutisse à des saisines parallèles et coordonnées, afin que la situation de Mariem Dieng et Ghame Salem soit examinée simultanément par les mécanismes onusiens, africains, francophones et interparlementaires compétents.

IRA prend la communauté internationale à témoin

La grâce présidentielle ayant permis la libération de Mariem Dieng et Ghame Salem ne doit pas clore le débat sur les conséquences de leur condamnation.

6. La liberté ne peut être dissociée des droits.

Une libération qui laisse subsister une privation des droits civils et politiques appelle nécessairement l’attention des mécanismes chargés de protéger ces droits.

IRA demande donc solennellement aux Nations unies, à l’Union africaine, à la Francophonie, à l’Union interparlementaire et à l’ensemble de leurs mécanismes compétents de coordonner leur vigilance et leur action.

Nous appelons à une démarche internationale commune visant à obtenir des autorités mauritaniennes la restauration effective des droits civils et politiques de Mariem Dieng et Ghame Salem, ainsi que des garanties concrètes pour que les défenseur·ses des droits humains puissent exercer leur activité légitime sans crainte de représailles.

L’IRA ne demande aucun privilège. Elle demande l’application des principes universels et des engagements internationaux relatifs aux droits humains.

Voici les publications sur les réseaux sociaux de la Rapporteuse spéciale sur les défenseurs des droits de l’Homme : 

https://lnkd.in/p/gi-cJKja
https://www.instagram.com/p/DeMGkVZAuHL/? utm_source=ig_web_copy_link&stkn=MzRlODBiNWFlZA==

Nouakchott, 08/10/2026

Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA)

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