FIDH: JUILLET 2026 | RAPPORT | N°856F

INTRODUCTION


La République Islamique de Mauritanie a ratifié la majorité des conventions internationales et régionales en faveur des droits humains. Cependant, en dépit des réformes législatives et institutionnelles, la situation des droits humains s’y dégrade.

Lors de son passage à l’Examenpériodique universel (EPU), mécanisme du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies,
en janvier 2026, plusieurs États ont souligné que la situation des droits humains en Mauritanie reste préoccupante. Elle est notamment marquée par la persistance de l’esclavage par ascendance, des restrictions à la liberté d’expression et des violences policières lors des manifestations et des sit- in, des actes de torture en détention, des violences envers les personnes migrantes, ou encore des violences basées sur le genre (VBG). Des États ont également regretté la persistance de l’impunité pour les violations passées et présentes, tout en saluant des «progrès» dans la protection des personnes migrantes et la représentation des femmes.

C’est dans ce contexte que la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et son organisation membre en Mauritanie, l’Association mauritanienne des droits de l’Homme (AMDH), ont réalisé à Nouakchott, capitale de la Mauritanie, du 16 au 23 mai 2026, une mission internationale de solidarité et de plaidoyer sur la situation des droits humains dans le pays. Lors de cette mission, la délégation FIDH-AMDH a mené des sessions d’échanges d’informations et d’expériences avec la société civile mauritanienne, y compris avec des associations de défense des droits des femmes et de journalistes, ainsi que des rencontres de plaidoyer auprès des autorités et institutions nationales de protection des droits humains, et des partenaires internationaux présents à Nouakchott. La FIDH et l’AMDH tiennent à saluer la disponibilité des autorités mauritaniennes, notamment le ministre de la Justice, le secrétaire général du ministère de l’Action sociale, de l’enfance et de la femme (MASEF), les présidents du Mécanisme national de prévention de la torture (MNP) et de la Commission nationale des droits de l’Homme ( CNDH) ainsi que celle des partenaires internationaux, ce qui a permis des discussions approfondies sur la situation des droits humains dans le pays.

La FIDH et l’AMDH ont, au cours de la mission, rendu hommages à deux défenseur·es des droits humains, Madame Oumou Ba, présidente de l’Alliance pour les droits des femmes mauritaniennes (ADFM) et Monsieur Boubacar Ould Messaoud, fondateur de SOS-Esclaves et figure de la lutte anti- esclavagiste en Mauritanie, avec qui la FIDH a beaucoup collaboré, décédées respectivement le 16 décembre 2025 et le 12 mars 2026 à Nouakchott.

La FIDH renouvelle ses sincères condoléances à leurs familles et sa solidarité militante à l’ensemble de la communauté des défenseur·es des droits humains en Mauritanie.

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