
Depuis son entrée à l’Assemblée nationale, en remplacement de Mariem Cheikh, la députée Habi Mint Rabah se fait remarquer par la retenue et le sens des responsabilités qui caractérisent ses interventions. Loin des polémiques et des affrontements politiques, elle s’attache à porter devant les membres du gouvernement les préoccupations quotidiennes des populations les plus démunies.
La particularité de Habi Mint Rabah tient à sa proximité avec les réalités qu’elle dénonce. Elle vit elle-même dans ces quartiers périphériques de Nouakchott où les difficultés sociales s’accumulent et où l’accès aux services publics les plus élémentaires demeure un défi quotidien.
La cherté de la vie, l’insécurité, le manque de structures sanitaires, l’insuffisance des établissements scolaires et des enseignants, l’absence de routes aménagées, mais surtout les problèmes récurrents d’approvisionnement en eau potable et en électricité figurent parmi les préoccupations qu’elle soumet régulièrement aux responsables gouvernementaux.
Lorsqu’elle évoque ces difficultés à la tribune de l’Assemblée nationale, Habi Mint Rabah ne parle pas d’un univers lointain. Elle décrit un environnement qu’elle connaît, des réalités qu’elle côtoie et des souffrances dont elle mesure les conséquences.
C’est précisément ce qui donne une dimension particulière à ses interventions. Là où le débat parlementaire peut parfois se perdre dans les querelles politiques, elle ramène les discussions aux besoins les plus élémentaires des citoyens : avoir de l’eau au robinet, de la lumière à la maison, une école pour ses enfants, un centre de santé accessible et une route praticable.
Son parcours personnel ajoute une profondeur supplémentaire à cette présence parlementaire. Ancienne victime de l’esclavage devenue représentante de la nation, Habi Mint Rabah porte aussi, à travers son histoire, le symbole d’une émancipation et de l’accès à la parole publique de catégories sociales longtemps marginalisées.
Sans éclats de voix ni recherche systématique de confrontation, elle privilégie des interventions mesurées, centrées sur les problèmes concrets. Une manière de rappeler que la responsabilité d’un député consiste aussi à faire remonter jusqu’aux plus hautes autorités les difficultés de ceux qui disposent de peu de moyens pour se faire entendre.
Habi Mint Rabah a ceci de particulier qu’elle n’a pas quitté le monde dont elle porte les préoccupations. Elle continue de vivre parmi ceux dont elle défend les conditions d’existence. Et lorsque cette députée prend la parole dans l’hémicycle, c’est aussi une partie des quartiers oubliés de Nouakchott qui entre avec elle à l’Assemblée nationale.
Par Yedaly Fall
